Les demandes « explosent » dans les coopératives d’habitation de l’Estrie
En raison de la crise du logement et de l'inflation, de plus en plus de familles estriennes espèrent avoir une place dans une coopérative d'habitation. La liste d'attente a triplé dans les dernières années.
Ça fait une quinzaine d’années que je suis en poste et quand je suis arrivé, on avait à peu près 200 personnes qui espéraient vivre en coopérative. Aujourd’hui, on en a plus de 600
, souligne le directeur général de la Fédération des coopératives d'habitation de l’Estrie, Guillaume Brien.

Guillaume Brien remarque que les demandes pour des logements dans les coopératives d'habitation sont en hausse en Estrie.
Photo : Radio-Canada / Joel Provencher
Cet engouement marqué pour les coopératives d’habitation est aussi remarqué depuis quelques années à la coopérative d’habitation des Cantons-de-l’Est, qui possède 420 logements à Sherbrooke.
Chaque fois qu'un logement est libéré, en quelques heures ou en une ou deux journées au maximum, on peut recevoir de 25 à 30 appels de gens qui sont intéressés à venir visiter et louer le logement, ce qu’on ne voyait pas il y a cinq ans
, explique le directeur général de la coopérative d’habitation des Cantons-de-l’Est, Philippe Grenier.
Le taux d'inoccupation est à 0 % depuis cinq ans au minimum. On n’a pas un mois de logement vacant.
Même constat du côté de la coopérative d'habitation la Rive Gauche. La demande explose littéralement. On a facilement 680 demandes par année qui entrent et on a 304 portes. Ça ne fait pas beaucoup d’heureux chaque année
, se désole la directrice générale de la coopérative, Myriam Mariscal. Elle souligne que la hausse du prix des logements est à l’origine de ce phénomène.
Plus qu’un logement à faible coût
Certes, les coopératives d’habitation offrent du logement à des prix sous le marché, mais pas seulement. Ça coûte moins cher, mais il y a une culture d’entraide qui se développe dans nos coopératives et c’est ce qui attire
, insiste Guillaume Brien.
En effet, les résidents de ces logements sont invités à s’impliquer dans leur milieu en faisant de l’entretien ménager ou en gérant le secrétariat, par exemple.

Philippe Grenier a lui-même discuté avec Micah-Élie Labrecque avant son arrivée à la coopérative.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Pour Micah-Élie Labrecque, un étudiant de l’Université de Sherbrooke qui vit en coopérative depuis quatre ans et demi, ce type de logement a plusieurs avantages. Quand on est à mobilité réduite, on a souvent besoin de l’aide des gens autour et dans une coopérative, on a beaucoup cet aspect d’entraide
, souligne-t-il.
Les personnes de la coopérative ne sont pas juste des voisins, ce sont des amis.
Ces coopératives d’habitation sont-elles la solution pour freiner la crise du logement? Philippe Grenier en est certain.

La coopérative d’habitation des Cantons-de-l’Est souhaite construire 121 logements sur le terrain de La Toque Rouge, acheté l'an dernier. L'objectif était de démarrer le chantier évalué à environ 40 millions de dollars en juin au plus tard, mais le moratoire sur la construction imposé par la Ville de Sherbrooke a mis le projet en pause.
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Je pense que ça va passer par construire davantage d'unités sous forme de coopératives, d’OBNL aussi. On voit la différence que ça peut faire avec le prix du logement, mais aussi tout l’aspect social. Plus on va avoir de logements en coopérative, plus on va être capable d’avoir une incidence sur le prix des loyers
, précise le directeur général.
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